Disque PS5 : Sony fonce dans le mur malgré la fronde des joueurs

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Sony s’en fiche. Vraiment. Le géant japonais vient de confirmer, chiffres à l’appui, qu’il abandonnera la production de disques PS5 dès janvier 2028. Malgré les pétitions. Malgré la colère qui monte sur X depuis un mois.

Et non, ce n’est pas une fuite ni une rumeur de forum. C’est la CFO de Sony elle-même, Lin Tao, qui l’a répété mot pour mot lors de la conférence financière du 31 juillet 2026.

Pourquoi Sony s’en fiche du boycott ?

Le hic, c’est que Sony a fait ses calculs. Et les calculs, contrairement aux sentiments, ne mentent pas.

Interrogée directement sur la fronde des joueurs pendant le Q&A investisseurs, Lin Tao a botté en touche avec une élégance toute corporate : « Nous avons mûrement réfléchi, et nous allons prudemment avancer sur cette voie. » Prudemment. Le mot est lâché trois fois dans sa réponse. C’est presque comique.

Derrière cette langue de bois, il y a une réalité simple. La digitalisation du contenu progresse, dit-elle, « pas seulement pour PlayStation, mais pour tous les types de contenus ». Traduction : vous achetez déjà tout en dématérialisé, alors pourquoi continuer à graver des galettes en plastique ?

Un mouvement de boycott d’une semaine est prévu mi-août pour protester. Sincèrement ? Je doute que ça fasse plier grand monde chez Sony. Serkan Toto, patron du cabinet Kantan Games, a fait le calcul cash pour IGN : même 500 000 résiliations de PS Plus ne représenteraient que 1 % du business. Une goutte d’eau. Douloureuse pour l’image, mais négligeable sur le bilan comptable.

Les vrais chiffres qui expliquent tout

Bilan des courses : Sony a vendu 95,3 millions de PS5 depuis le lancement, dont seulement 1,6 million ce trimestre. C’est 0,9 million de moins que l’an dernier à la même période. La courbe descend, doucement mais sûrement.

Pendant ce temps, le PSN affiche 125 millions d’utilisateurs mensuels actifs. En hausse de 2 millions sur un an. Le message est limpide : le hardware s’essouffle, le service en ligne cartonne. Sony ne fait qu’aligner sa stratégie sur ce que les joueurs font déjà avec leur carte bancaire.

Et pour les éditeurs qui tiennent encore aux boîtes en carton (marketing, visibilité en rayon, tout ça), Sony a une solution toute trouvée : des boîtes vides avec un code de téléchargement dedans. Autant dire une boîte de céréales sans céréales. Ça fait plaisir sur l’étagère du Micromania du coin, mais dans les faits, c’est déjà 100 % dématérialisé.

Sur la question de la concurrence avec le PC, Lin Tao a été catégorique : « Nous ne pensons pas que le disque soit un facteur de différenciation face au PC. » Sony mise plutôt sur le prix et la stabilité de son écosystème. Un argument qui prend d’ailleurs tout son sens quand on regarde où va le marché du hardware en 2026, comme je le rappelais dans ce papier sur les prix du Steam Machine et du Steam Frame. Valve mise sur l’ouverture, Sony sur le contrôle total de son tuyau numérique. Deux philosophies, deux paris.

Collectionneurs.

Ils vont trinquer. Dur.

J’ai ressorti ma vieille PS3 le week-end dernier pour retrouver Metal Gear Solid 4. Le disque a une rayure, l’image freeze pile à la moitié du chapitre 3 (ironie du sort, non ?). Ça m’a rappelé une chose : le disque physique n’a jamais été ce média parfait et éternel qu’on idéalise sur les réseaux.

Perso, je trouve la nostalgie du disque PS5 un peu surjouée. On pleure un format qu’on n’achète quasiment plus depuis 2019, sauf pour les éditions collector qui prennent la poussière sur une étagère. Aïe, ça va faire grincer des dents chez les puristes, mais c’est mon avis et je le maintiens.

Reste un vrai problème : la préservation du jeu vidéo. Sans disque, plus de revente chez GameStop, plus de prêt entre potes, plus de marché de l’occasion. Ça, c’est un point qui mérite qu’on s’énerve un minimum. Et le fait que Sony évoque vaguement « explorer comment engager les joueurs dans l’écosystème digital futur » sans donner un seul début de piste concrète, ça sonne creux.

L’avis de GeekFlux

Note subjective, sans filtre : 5/10.

Pas parce que la décision est absurde sur le papier (le raisonnement économique tient la route). Mais parce que la communication de Sony ressemble à un bulletin météo lu par un interprète pendant que la maison brûle. Zéro geste concret pour les collectionneurs, zéro solution pour la préservation, juste « on comprend vos émotions » en boucle.

Ce qui me gêne le plus, franchement, c’est l’absence totale de compromis. Un système de sauvegarde locale des jeux achetés, une garantie anti-obsolescence des serveurs, n’importe quoi qui rassure. Rien de tout ça.

Côté esthétique pur, si Sony veut vraiment nous convertir au tout-digital, il serait temps de revoir l’interface du PS Store de la PS5. Toujours aussi lent, toujours aussi moche en mode sombre. Ça, ça m’énerve plus que la disparition du disque PS5, pour être honnête.

Sources : Engadget

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