La Steam Machine est sortie. Le 30 juin 2026, comme promis dans ce papier de Valve daté du 4 juin. Sauf que la fête a un goût amer : prix à 1049 dollars, pénurie de RAM mondiale, et un premier vrai test qui tombe à plat.
Je vais être honnête avec vous : je me suis inscrit à la loterie de réservation en juin. Résultat, liste d’attente. Ça m’a un peu vexé, je l’avoue.
Un prix qui fait mal, mais est-ce vraiment la faute de Valve ?
Commençons par le nerf de la guerre. Le modèle de base, 512 Go, sans manette, coûte 1049 dollars. Ajoutez la manette Steam Controller, on grimpe à 1128 dollars. Le modèle 2 To avec manette ? 1428 dollars. Aïe.
Sept mois plus tôt, en novembre 2025, tout le monde tablait sur 600 à 800 dollars. Le designer Pierre-Loup Griffais l’avait dit clairement : Valve ne subventionnerait pas la machine comme le fait Sony avec la PS5. Le hic, c’est que la pénurie de DDR5 est arrivée entre-temps, portée par la demande démentielle des centres de données IA. Résultat : les prix de la RAM ont quadruplé en quelques mois.
Sous le capot, on trouve un Zen 4 six cœurs cadencé à 4,8 GHz, un GPU RDNA3 avec 28 unités de calcul, 16 Go de DDR5 et 8 Go de VRAM GDDR6. C’est de l’AMD semi-custom, comme sur PS5. Sauf que la comparaison ne joue pas en faveur de Valve : le RDNA3 de la Machine tombe environ 15% sous le GPU de la PlayStation 5 en pur débit graphique.
Et là, petite anecdote qui m’a fait tiquer. J’ai comparé sur PCPartPicker le prix d’un PC équivalent monté à la main (Ryzen 5 7600X, Radeon RX 7600, SSD 512 Go). Verdict : 1072 dollars. Soit à peine plus cher qu’une Steam Machine assemblée. Pour la première fois depuis des décennies, monter son PC soi-même ne fait plus économiser un centime. C’est le monde à l’envers.
SteamOS, Proton, et le mur invisible de l’anti-cheat
Là où ça devient technique, et où j’aime bien m’attarder un peu trop longtemps : SteamOS tourne sur des drivers Vulkan RADV open-source, qui battent parfois les drivers Windows d’AMD sur certains titres. Proton fait le sale boulot de traduction Direct3D vers Vulkan. Ça tourne. Point.
Mais il y a un os. Valorant, League of Legends, les jeux EA Sports, GTA V Online : aucun ne fonctionne, parce que leurs systèmes anti-cheat exigent un accès kernel que Linux refuse structurellement. Ce n’est pas un bug qu’un patch viendra corriger dans trois semaines. C’est un mur en béton armé.
Franchement, si vous jouez en compétitif à des jeux avec matchmaking, la Steam Machine ne sera jamais votre machine principale. Cette limite existait déjà sur Steam Deck, comme je le rappelais dans un billet sur les alternatives handheld, mais elle pèse plus lourd sur une console censée remplacer votre PS5 sous la télé.
Le test terrain le plus complet vient d’Engadget, publié le 8 juillet. Leur conclusion, brutale : « ça aurait été parfait il y a cinq ans ». Sur Black Myth Wukong, la machine peine. Le point positif noté ? Elle est silencieuse, même en Arizona en plein été. Ouf, au moins ça.
Steam Frame, le grand oublié : luxe ou fantôme marketing ?
Et le casque VR, alors ? Toujours aucune date précise, aucun prix. Valve a juste confirmé, dans son billet du 4 juin, que le programme Verified s’étendrait au Frame aussi, en mode standalone comme en streaming PC.
Le Steam Frame tourne sur du Snapdragon, dans la même famille silicium que le Galaxy XR de Samsung, qui coûte environ 1800 dollars. Si Valve applique la même logique tarifaire que sur la Machine (pas de subvention, marge serrée), le Frame risque de faire pleurer les portefeuilles. Après, faut voir ce qu’ils annonceront à la rentrée.
Ce qui m’agace un peu, personnellement, c’est cette manie de Valve d’annoncer trois produits d’un coup en novembre 2025, puis de les laisser sortir en ordre dispersé sur huit mois. La manette en mai, la Machine en juin, et le Frame qui traîne encore en juillet. On dirait un jeu à accès anticipé permanent, sauf que c’est du matériel.
D’un point de vue purement esthétique, tiens, parlons-en une seconde : les finitions en tissu rouge et noyer massif du modèle 2 To sont franchement plus réussies que le boîtier noir mat basique. Ça, au moins, Valve a bien fait le boulot côté design. Si vous cherchez une alternative portable avec un vrai écran nomade et un GPU costaud pour attendre la disponibilité du Frame, jetez un œil au Predator Atlas et son Intel Arc G3, qui joue clairement dans une autre catégorie de puissance brute.
L’avis de GeekFlux
Note perso : 5,5/10.
Pas parce que le matos est mauvais en soi. Le Zen 4 fait le job, SteamOS a mûri, et l’idée d’une console ouverte sans abonnement obligatoire reste séduisante sur le papier. Mais le timing est calamiteux : sortir un produit premium en pleine crise de la RAM, c’est un peu comme organiser un barbecue en plein orage. Techniquement possible. Pas franchement malin.
Ce qui me dérange le plus, c’est le manque de transparence sur le Steam Frame. Huit mois de silence sur le prix d’un casque VR, ça commence à sentir le produit qu’on retarde discrètement en espérant que les composants baissent. J’espère me tromper.
Bilan des courses : si vous avez déjà une PS5 ou un PC de bureau correct, attendez. Le prix va bouger, la queue de réservation aussi. Si vous êtes fan absolu de l’écosystème Steam et que 1049 dollars ne vous font pas peur, foncez, mais sachez à quoi vous dites oui.
Sources : Engadget

