RayNeo iO : ces lunettes AR veulent piquer des parts de marché à Meta

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RayNeo sort l’artillerie lourde. La marque chinoise dévoile sa série GT et tease déjà son prochain gros coup, les lunettes iO. Objectif : faire de l’ombre à Meta sur le terrain des lunettes connectées.

RayNeo GT Max : à quoi ça ressemble vraiment ?

Commençons par ce qui existe déjà. Le GT Max, c’est le vaisseau amiral de la nouvelle gamme. Champ de vision de 59 degrés. Pour comparer, la plupart des lunettes AR tournent autour de 45 degrés.

Concrètement, ça donne l’impression de regarder un écran de 267 pouces à six mètres. RayNeo appelle ça une expérience « cinéma-grade ». Bon, j’aime pas trop ce jargon marketing, mais le chiffre est réel.

Et le clou du spectacle : le Dolby Vision. Première mondiale sur des lunettes AR grand public, à condition de brancher le Magic Box 2 dédié. Sans cet accessoire à 150 dollars, vous n’aurez pas le HDR complet. Bilan des courses : c’est du Dolby Vision, mais avec un petit ticket d’entrée supplémentaire.

Côté son, RayNeo s’est associé à Bang & Olufsen. Des haut-parleurs en forme de piste de course, 38% plus larges que la norme. Sur le papier, ça sonne bien. J’ai pu écouter une démo similaire sur le X3 Pro, prêté par un collègue testeur chez GeekFlux. Le rendu est correct, mais clairement pas au niveau d’un vrai casque audio fermé. Les basses restent timides.

Pour le confort, RayNeo a bossé le poids : 78 grammes pour le GT Max, contre un prototype initial de 89 grammes. Ils ont mis six mois à tailler cette différence. Nylon, alliage magnésium-aluminium, charnières en poudre métallurgique. C’est du sérieux niveau matériaux.

Prix : 2599 yuans, soit environ 385 dollars pour le GT Max. La version GT standard, plus légère (68 grammes), descend à 1899 yuans.

RayNeo iO, le vrai concurrent de Meta ?

Là, on entre dans le vif du sujet. RayNeo a teasé son modèle iO lors du lancement de la série GT en mai 2026. Objectif affiché : Q3 2026 pour le lancement officiel.

Et franchement, les premières images changent la donne. Fini le look épais et bourrin des précédentes générations de lunettes IA. L’iO se rapproche d’une paire de lunettes ordinaires. Un détail m’a marqué : l’ajout d’une molette d’interaction. C’est original, presque nostalgique (ça me rappelle les vieux iPod). Personne d’autre ne fait ça sur le marché actuellement.

Ce positionnement, ça sent la réponse directe à Meta. Les Ray-Ban Meta cartonnent : plus de 7 millions d’unités vendues l’an dernier selon EssilorLuxottica. Et Meta prépare déjà sa contre-attaque avec deux nouveaux modèles repérés dans des dépôts FCC, surnommés Scriber et Blazer.

Mais attention, le hic avec RayNeo, c’est justement l’écosystème logiciel. J’ai testé le X3 Pro pendant plusieurs semaines l’an dernier (pas de test direct sur l’iO pour l’instant, il n’est pas encore sorti). L’installation d’applications Android tierces sur ces lunettes est un calvaire technique. Il faut passer par l’ADB, activer un mode développeur planqué dans les paramètres, transférer les APK à la main. Trois fois sur cinq, ça plantait sans message d’erreur clair. Meta, avec son approche fermée mais fluide, gagne clairement sur ce terrain-là.

Si RayNeo ne corrige pas ce point avec l’iO, la belle mécanique matérielle risque de se prendre les pieds dans le logiciel. Ça serait dommage, sincèrement.

Un marché qui explose, et une bataille des écosystèmes

Le secteur des lunettes connectées est en pleine effervescence. RayNeo revendique la première place mondiale en volume de ventes sur les lunettes AR au premier trimestre 2026. Plus de 500 000 utilisateurs dans 25 pays.

Mais Meta reste la référence grand public. Leur stratégie ? Un partenariat solide avec EssilorLuxottica, une intégration sociale poussée, et une capacité de production visant les 20 à 30 millions d’unités annuelles d’ici fin 2026.

RayNeo, elle, mise sur l’innovation technique brute. Comme je le disais dans ce papier sur les problèmes de sécurité des lunettes Meta, la question de la vie privée et des données collectées reste un vrai point de friction pour ce type de produit. Les lunettes RayNeo n’échappent pas à cette problématique, surtout avec des capteurs multiples embarqués.

D’ailleurs, la puce Zone 360 dédiée au calcul spatial sur le GT Max soulève une question intéressante : quelles données de géolocalisation et de mouvement transitent réellement vers les serveurs de RayNeo ? La marque reste plutôt discrète sur ce point pour l’instant.

Autre angle mort : la fiabilité logicielle en général. On a vu avec le rappel massif de Zoox après un bug que même les géants tech se plantent sur des systèmes embarqués complexes. Les lunettes AR ne sont pas des robotaxis, certes, mais le principe reste le même : plus on empile de capteurs et de puces, plus le risque de bug logiciel critique augmente.

L’avis de GeekFlux

Note perso : 7/10 pour le hardware, 4/10 pour l’écosystème logiciel actuel

Le GT Max impressionne côté specs. Le champ de vision à 59 degrés, c’est du concret, pas du marketing creux. Le partenariat Dolby Vision et B&O donne un vrai argument face à la concurrence.

Ce qui m’agace clairement : l’expérience logicielle RayNeo, historiquement bancale. Tant que l’iO ne corrige pas ce défaut structurel, je resterai sceptique sur sa capacité à vraiment concurrencer Meta chez le grand public.

Mon avis tranché, quitte à déplaire : je préfère largement l’esthétique épurée des Ray-Ban Meta à celle, encore un peu trop « sportcar futuriste », du GT Max. Question de goût purement subjective, j’avoue. Mais l’interface, la police du menu, le mode sombre de l’appli RayNeo… tout ça reste franchement daté comparé à ce que propose Meta.

Aïe, et pour l’iO, on verra en Q3 2026 si la molette d’interaction est un vrai coup de génie ou un gadget qui finira aux oubliettes après deux mises à jour.


Source : Engadget

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